Nos priorités nationales
Il y a 5 ans, j’entrais au Sénat pour porter, en votre nom, en celui de nos compatriotes à l’étranger, une voix écologiste nouvelle, claire et forte. M’employer à vous représenter pendant ces années a été un immense honneur.
Dans le tumulte de la vie politique nationale, européenne et internationale, j’ai défendu depuis mon élection une ligne singulière : une écologie sociale, féministe, européenne et démocratique.
Et je l’ai défendue avec une méthode : la négociation politique fondée sur la mobilisation citoyenne, cette méthode qui a porté ses fruits et qui nous permet aujourd’hui de revendiquer des victoires majeures, comme celle de l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution.
J’ai aujourd’hui l’honneur de mener à nouveau une liste pour l’élection sénatoriale qui vient. Mais le contexte n’est plus tout à fait le même.
Alors que les reculs environnementaux se sont multipliés, que les inégalités et la précarité progressent et que notre démocratie s’effrite, nous savons le risque de voir notre pays basculer aux mains de l’extrême droite dans quelques mois.

La responsabilité des écologistes dans cette séquence historique est majeure.
Je suis candidate pour pouvoir porter comme alternative radicale à l’extrême droite, au Parlement comme dans le débat public, un projet de rupture avec le macronisme, un projet d’émancipation par l’écologie.
Mélanie Vogel
Sénatrice des Françaises et Français établi•es hors de France
Garantir un monde habitable
L’été meurtrier que nous venons de vivre, ses canicules prolongées, ses méga-feux, la crise agricole qui va très prochainement en découler, tout cela était prévu. Prévu par les scientifiques, prévu et décrit par toutes celles et ceux qui depuis des décennies les prennent au sérieux: les écologistes.
L’urgence climatique et environnementale est désormais là, elle percute nos vies à travers le monde et s’accélère. Couplée à l’effondrement de la biodiversité, elle menace l’habitabilité du monde. L’écologie n’est plus nécessaire pour les générations futures, elle est aujourd’hui vitale pour les générations présentes.
C’est pour cela que je défendrai avec mes collègues, dès le débat budgétaire qui s’ouvre, un grand plan d’investissement dans l’adaptation et l’atténuation du changement climatique et de protection et restauration de la biodiversité. Ce plan se décline dans les secteurs du logement, du travail, de l’agriculture, de l’industrie, de l’énergie et de la santé.
Bâtir la prospérité écologique
La logique capitaliste détruit l’habitabilité terrestre, concentre le pouvoir et fragilise nos démocraties.
Les écologistes proposent un autre régime économique, fondé sur l’économie des communs, des services publics renforcés et une économie encadrée par des règles environnementales, fiscales et sociales, au service d’objectifs politiques, comme le respect de l’accord de Paris. Reprendre le contrôle de l’économie suppose de renforcer la recherche et le partage de la valeur ajoutée au profit des travailleurs, tout en changeant radicalement les règles du jeu : égalité au sein des entreprises, respect des limites planétaires, fin des privilèges fiscaux des super riches. Face aux tensions internationales sur les métaux, le sable ou l’eau, la souveraineté française et européenne passe par l’économie circulaire, en particulier dans l’industrie et le numérique.
Redonner vie aux services publics
Nos services publics sont à bout de souffle, éreintés par une succession de budgets à la baisse et en deçà des besoins. Cette dégradation mine le lien social, elle laisse aussi prospérer les reculs, le ressentiment, l’exclusion sur lesquels prospèrent les ennemis de la démocratie.
Le chemin vers un haut niveau de services publics passe par la décentralisation et la démocratisation. Il nécessite un réinvestissement dans l’éducation, priorité absolue face à une école minée par les inégalités et le manque de moyens, la culture, maltraitée par des années de gouvernement de droite, l’hôpital, la police, et la justice.
Passer à la sécurité sociale écologique
Il y a 80 ans, la sécurité sociale a instauré la protection collective contre les risques de la vie sur un fondement universel : chacun cotise selon ses moyens, reçoit selon ses besoins.
Aujourd’hui, face aux crises écologiques et sanitaires, cet héritage doit, pour perdurer, évoluer, tenir compte des nouveaux risques. Une sécurité sociale écologique protégerait contre les nouvelles menaces environnementales tout en les réduisant à la source, ajoutant la prévention à la réparation et ouvrant de nouveaux droits (alimentation saine, environnement non toxique).
C’est le travail, commencé lors de mon premier mandat, que je souhaite poursuivre.
Trois chantiers s’imposent : une politique de santé environnementale pour sortir des toxiques et développer prévention et soins de proximité ; la pérennisation des retraites par répartition et la lutte contre la pauvreté et l’isolement, par plus de solidarité envers les familles, la jeunesse et le grand âge.
Atteindre un nouvel horizon d’égalité
Depuis 10 ans, les inégalités sociales ont progressé en France. Les crimes de haine, racistes, antisémites, LGBTIphobes augmentent, les féminicides ne reculent pas.
Au Parlement, je veux continuer de porter une voix antiraciste, antivalidiste et féministe.
Malgré un contexte politique difficile, grâce à une collaboration entre parlementaires et à la force du mouvement féministe en France, nous avons engrangé des victoires inespérées : Droit à l’avortement dans la Constitution, consentement dans le code pénal, fin du devoir conjugal. Pourtant il reste tant à faire.
Valorisation des métiers à prédominance féminine, congé menstruel, individualisation de la fiscalité pour ne plus subventionner l’inégalité dans le couple, congés parentaux égalitaires, juridictions spécialisées pour traiter des violences de genre, pleine égalité des droits pour les personnes trans, j’ai la conviction que nous pouvons construire ensemble de prochaines victoires féministes structurantes.
La lutte contre le racisme, l’antisémitisme, l’antitisiganisme n’ont pas connu ces avancées législatives. Au contraire, la parole politique et les médias d’opinion d’extrême droite banalisent aujourd’hui les discours de haine. C’est une véritable loi cadre, transversale et financée qu’il nous faut.
Défendre l’État de droit
Le mandat qui vient est celui de tous les dangers. Nous mesurons celui que fait peser sur notre démocratie et sur nos vies la perspective crédible d’une victoire de l’extrême droite à l’élection présidentielle.
La Vème République n’est pas le modèle stable et solide que l’on aime à décrire. Face à l’arrivée au pouvoir d’un·e dirigent·e d’extrême droite, ses failles et ses fragilités sont immenses. La concentration des pouvoirs offerts par la Constitution permettrait en effet en quelques mois à l’extrême droite de faire en France ce qu’Orban a mis 10 ans à faire en Hongrie.
Dès la rentrée, je porterai une proposition de bouclier démocratique, travaillée avec des chercheurs, à la fois des modifications constitutionnelles et législatives pour mettre en place au plus vite, avant 2027, toutes les réformes qui permettraient de faire de la France une démocratie plus résiliente.
Pour une Europe fédérale
Face au réchauffement climatique, à la rivalité sino-américaine, à l’invasion russe de l’Ukraine, aux guerres au Moyen-Orient et au génocide à Gaza, ma conviction est que la France ne peut agir qu’au sein d’une Europe fédérale, dotée d’un budget renforcé et de compétences nouvelles.
Une architecture de défense européenne autonome des États-Unis, une politique étrangère digne de ce nom, mais aussi une véritable intégration fiscale et sociale, libérée des vétos nationaux, sont nécessaires pour que l’Union européenne devienne véritablement démocratique et souveraine, puisse affronter les défis de ce siècle et protéger, sur le continent et dans nos relations internationales, nos valeurs communes.